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la fin des abeilles sonne-t-elle notre glas ? - de la biodiversité



LA FIN DES ABEILLES SONNE-T-ELLE NOTRE GLAS ?
par Jacques-Olivier Barthes


Fin août, comme il y a huit ans, la presse s’est faite l’écho d’une disparition plus qu’alarmante. Un peu partout à travers le globe, les abeilles succombent par millions. Comme les moineaux et les hirondelles qui ont quasiment disparu de nos cieux, un élément si familier et ô combien important de la chaîne du vivant est en train de s’éteindre. Une légende voudrait qu’Albert Einstein ait dit un jour : « Si les abeilles venaient à disparaître, l’homme n’aurait plus que quatre années devant lui. Sans abeilles, plus de pollinisation, plus de plantes, plus d’animaux, plus d’hommes ». C’est sans doute exagéré mais il faut garder à l’esprit que rien qu’en Europe, environ 20.000 espèces végétales ne doivent leur reproduction qu’à la pollinisation des abeilles…




photographie : laure maud



Qui dit absence de pollinisation dit effondrement de la production agricole. Cette année, les disparitions d’abeilles ont atteint un pic alarmant menaçant la pollinisation de plusieurs cultures maraîchères comme les pommiers, mais aussi les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l’arachide, le melon, etc. qui dépendent de 90 % à 100 % des abeilles pour leur pollinisation.

Dans la région himalayenne du Maoxian, à la frontière de la Chine, la disparition des abeilles a imposé de recourir maintenant à la pollinisation à la main de millions de fleurs de pommiers pour maintenir une activité agricole pour les populations locales. Aux Etats-Unis, l’évaluation de l’impact économique de la disparition des abeilles est estimé à environ quinze milliards de dollars par an.

Comme souvent dans le cas des crises écologiques, les causes sont multiples et se conjuguent ensemble : pollution électromagnétique (electrosmog) provoquée par les lignes à haute tension ou les antennes-relais, pesticides et OGM affaiblissant le capital immunitaire et facilitant la dissémination de parasites comme le Varroa Destructor ou la Nosema ceranae et enfin cultures intensives qui ont amené la disparition de nombreuses fleurs qui permettaient aux essaims de trouver à proximité de sources d’alimentation.

Que devons-nous retenir de cette fable cruelle ? Il faut de façon urgente interroger notre rapport au monde naturel et comprendre que ce qui nous entoure est avant tout partie prenante de notre être. La grande chaîne du vivant est constituée d’une infinité d’interdépendances dont les enchaînements sont imprévisibles. Un drame anodin et lointain peut entraîner à plus ou moins long terme un dérèglement dont nous pâtirons tôt ou tard. C’est ce que l’on appelle l’effet papillon. Face à la complexité du monde qui nous dépasse finalement malgré toute notre appareil technologique, nous devons nous appliquer une éthique de la responsabilité ancrée sur le principe de précaution et le sentiment d’humilité. A trop malmener notre milieu vital, nous risquons de le rendre définitivement hostile. 



article extrait du web(maga)zine GREEN IS BEAUTIFUL n°2 du mois de septembre 2007




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