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« Pourquoi faudrait-il que notre méchanceté soit le legs de notre passé simiesque et notre bonté une caractéristique exclusivement humaine ? Pourquoi ne pas chercher une continuité avec les autres espèces animales également au niveau de nos traits ‘nobles’ ? »
Stephen Jay Gould « Darwin et les grandes énigmes de la vie »
photographie : cyril ruoso
Entre Hommes et animaux, depuis toujours, c’est l’incompréhension, ou
presque. D’un côté, l’homme cherche à s’arracher à sa condition animale,
de l’autre, il ne peut se passer des animaux. Il les observe, les chasse, les
maîtrise, les domestique et finalement même, se les approprie.
D’une religion à l’autre, d’une culture à l’autre, l’animal est toujours là, au
quotidien, dans les champs, dans nos assiettes mais aussi dans nos mythes,
nos contes, nos croyances. L’animal nous accompagne et nous façonne au
fil des années. Mais aujourd’hui, partout, l’animal souffre de sa condition
mise à mal et de notre incompréhension à son encontre.
Car que savons-nous des animaux ? Rien, ou presque, ils sont des étrangers
pour l’homme, un Autre qui souvent nous effraye car il nous rappelle nos
origines et le fait que nous aussi, sommes des animaux.
photographie : cyril ruoso
Pour les exploiter, l’homme a « désanimalisé » les animaux et se les est
appropriés. Devenus des objets au même titre qu’une boîte de conserve,
plus besoin de se soucier de leurs souffrances, de leur bien-être. La porte
s’est ouverte à toutes les dérives. Mais, pour se déculpabiliser, l’homme a
choisi quelques élus qu’il a transformés en compagnons et chouchoutés,
idolâtrés parfois. Humanisés à l’excès, ces animaux de compagnie sont
devenus des prothèses de nos angoisses, de nos questionnements et jouent
le rôle d’un voile opaque cachant hors de notre vue tous les autres animaux
qui souffrent en silence, pour l’homme et à cause de l’homme.
A trop vouloir se sentir exceptionnel et ‘surnaturel’, l’homme a, ici et là, bafoué le pacte scellé avec le monde animal et avec la Terre. Mais depuis un demisiècle, les nombreuses études sur le comportement et l’intelligence des
primates, éléphants, perroquets, corbeaux et autres dauphins entrouvrent
une porte. Les bêtes se dévoilent petit à petit et un vent de contestation
commence à souffler pour réviser ce pacte et enfin, réconcilier l’homme
avec l’animal et avec lui-même.
article extrait du web(maga)zine GREEN IS BEAUTIFUL n°3 du mois de novembre 2007