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Acheter un meuble, c’est d’abord acheter du bois. Un achat qui répercute la gestion de son exploitation. Quel bois, pour quels meubles, cautionne-t-on par nos achats ?
Ludovic Frère, chargé de la campagne Forêts à Greenpeace explique que l’association oeuvre depuis sept ans sur la traçabilité du meuble : « Il faut séparer les meubles de jardins du reste. Le plus gros problème, c’est le teck. 95% des bois destinés aux meubles de jardins proviennent d’Asie du Sud-Est. Le teck provient de plantations illégales, principalement de Birmanie et le kerwing, lui, qui provient, du Vietnam. Les exploitations sont illégales, génèrent et entretiennent un système de corruption bien rôdée. Suivent alors des problèmes sociaux et écologiques. » Il n’est pas rare de retrouver l’armée dans le rôle de gardien de chantiers de découpes de bois illégal. Selon le dernier rapport de l’ONG anglaise Global Witness présenté le 18 octobre dernier à Bangkok, c’est le cas de la junte militaire birmane, au pouvoir depuis 1962. Elle cautionne l’importation illégale vers Chine du teck, dont 80% des réserves mondiales se trouvent en Birmanie.
Sylvain Angerand, des Amis de la Terre, rappelle que « les forêts françaises sont cultivées depuis des siècles. Le cas des forêts tropicales est spécifiques : ce sont des forêts primaires. Des populations y vivent et en vivent. C’est une logique complètement différente. » Un environnement si facilement exterminé est difficile imaginable. Pourtant les ONG Greenpeace, Les Amis de la Terre et le WWF qui sont impliquées dans le label FSC tirent la sonnette d’alarme depuis des années. Ludovic Frère de Greenpeace, estime que « c’est un procédé long et fastidieux pour faire accepter le label. » Environ 14 millions d’hectares de forêts tropicales disparaissent chaque année, soit l’ensemble de la forêt française.
photographie : laure maud
Pour les meubles d’intérieur, on trouve assez peu de bois tropicaux. Différents types de matériaux se distinguent : meubles en agglomérés, placage ou contre-placage. Ces bois viennent d’Afrique. Mi-octobre, une trentaine d’activistes de Greenpeace ont abordé dans le port italien de Livorno un bateau qui transportait à son bord du bois tropical des forêts du bassin du Congo. Outre les nombreuses espèces menacées et les conséquences sur le déplacement des tribus, les compagnies à l’origine de ces extractions illégales, au-delà des limites des concessions allouées, sont alimentées par des capitaux étrangers, ici italiens. Il est donc indispensable d’exiger le label FSC qui assure une bonne régénération de la forêt et préserve les peuples autochtones. N’oublions pas que ces forêts tropicales regroupent 80% de la biodiversité sur la planète. Quant aux fenêtres fabriquées avec le ramin, un autre bois tropical, originaire de Malaisie, la délivrance d’un permis délivré par les autorités nationales qui certifie l’exploitation de ces forêts en toute légalité est désormais exigé. A éviter aussi les parquets en merbeau, qui proviennent de Madagascar et de Papouasie. Le label FSC est et reste le meilleur garant.
Ludovic Frère de Greenpeace annonce : « Les ONG arrivent à faire passer le message mais il faut travailler sans relâche. Les entreprises sont capables de tout pour vendre leur marchandise. On va donc trouver pléthore de labels : « forêt gérées durablement », « plantations durables », etc… Sans faire de mauvais jeu de mots, le meuble en teck dispose d’une jungle de labels. De plus, l’offre du bois FSC est très réduite. C’est un bois qui arrive par vague. C’est pourquoi il se vend même aux enchères en Asie du Sud-Est ! Nous luttons contre ces certifications de complaisance mais les entreprises n’hésitent pas à déjouer notre attention. »
En avril 2004, Serge Lepeltier alors Ministre de l’Écologie et du Développement durable, a annoncé que 50% des marchés seront écocertifiés en 2007 et 100% en 2010.